L’arrêt du tabac par l’Hypnothérapie

 

U1qMU5d09UbCSPyRKQdqleV6bwCD5TiYoRKAVT0d0J11k8OZR8dklLBtkrtLOeQK-no-tabac-s-

Le tabac, ce poison dont on aimerait se débarrasser.

Jean-Marc Benhaiem, praticien au centre de traitement de la douleur de l’hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) et directeur de la formation universitaire à la Pitié, estime que « faire de l’hypnose c’est sortir d’une fascination ».

Pour lui, les échecs de cette thérapie sont dus au refus de certaines personnes de « changer ».

On appel cela les avantages secondaires.

Virgile Lemarié, thérapeute à l’Académie de recherche et de connaissance en hypnose Ericksonienne (A.RC.H.E) partage ce point de vue: « un patient envoyé par sa famille parce qu’il fume trop,  ça ne peut pas marcher, car il n’engage pas sa propre volonté ». Un exemple? Geneviève, 47 ans, un paquet par jour depuis 22 ans. Elle a essayé cette méthode pour arrêter de fumer mais elle l’a fait sans grande conviction. Au bout de deux mois, elle a repris ses habitudes …

Si l’hypnose gagne du terrain, elle effraye toujours autant. Assimilée à une manipulation mentale, à une pratique sectaire, voire à une escroquerie, elle continue d’être mal considérée. Surtout en France, où les psychanalystes sont attachés aux préceptes de Freud (Qui utilisait pourtant volontiers l’hypnothérapie) et restent sur leurs gardes face à tout ce qu’ils considèrent comme un « viol de l’inconscient ».

Cette thérapie peine à s’imposer comme un traitement légitime. Pour  Jean- Marc Bernhaeim, cela s’explique en partie par l’absence d’études d’envergure: « les laboratoires ne nous soutiennent pas. Comme on n’a rien à vendre, personne ne veut financer nos études ». Et Théry Thomas d’ajouter, plus offensive encore: « si les patients allaient voir des hypnothérapeutes,  les médicaments substituts nicotiniques n’auraient plus d’adeptes. Voilà pourquoi les lobbies pharmaceutiques ne veulent pas  que des études sur l’efficacité de l’hypnose soient publiées ».

En France, le marché du sevrage représente, à lui seul, près de 125 millions d’euros par an, selon le consultant Nielsen. Ces médicaments sont plus facilement acceptés que l’hypnose par le monde médical mais, dans certains cas, ils s’avèrent plus risqués qu’une séance d’hypnose… Des produits comme le Zyban (GlaxoSmithKline) ou le Champix (Pfizer), succès commerciaux,  ont été mis sur la liste des médicaments à surveillance renforcée.

Malgré tous ces obstacles, les hypnothérapeutes voient toujours dans l’hypnose un traitement d’avenir.  Jean-Marc Benhaeim pense qu’elle permet de « réhumaniser les patients », « de les traiter autrement et de les faire devenir acteurs de leur changement ».

Dans le traitement de la douleur, elle a su convaincre les médecins, et fait son entrée dans les blocs opératoires. Dans le traitement des addictions, elle continue de questionner la médecine… Pour combien de temps ?

Comment cela fonctionne ?

Il y a 5 façons de pratiquer l’hypnothérapie dans le cadre du sevrage tabagique:
1.- Suggérer directement au fumeur de changer de comportement.
2.- Hypnotiser pour qu’il modifie sa perception de son comportement de dépendance.
3.- Utiliser l’hypnose comme adjuvant à la psychothérapie verbale.
4.- Hypnoaversion, c’est à dire suggérer au sujet que fumer lui répugne.
5.- Autohypnose, comme adjuvant du traitement hypnotique.

L’arrêt du tabac par hypnose repose sur le mécanisme de la suggestion et le concept de l’empreinte. Il existe en chaque fumeur une part qui désire et a toujours désiré se délivrer un jour du tabac. Le thérapeute amplifie cette part, si infime soit-elle. Il donne l’avantage à des pensées et à un discours différents qui redonnent à la personne une sensation de liberté.

Diverses suggestions sont délivrées pendant la séance d’hypnose pour arrêter de fumer. Le patient se saisit de celles qui sont, pour lui, les plus mobilisatrices. Par exemple, l’association tabac-nausées, le plaisir de respirer, le désir de se débarrasser d’un produit toxique, de vaincre une dépendance ou d’être à nouveau présent à son corps.

La qualité de la relation praticien – patient est décisive. Le patient se sent en sécurité. Il échange avec le thérapeute, expose son point de vue, ses peurs. Tous ces aspects doivent être abordés au cours de la séance afin de répondre au mieux à la demande.

La technique pour arrêter de fumer par hypnose fonctionne sur les sujets faiblement ou très fortement dépendants à la nicotine. Elle calme les symptômes de manque sévère aux composants du tabac et aux gestes et comportements addictifs.

Comme pour tout dans l’hypnothérapie, la motivation et la réceptivité  de l’individu sont importantes dans la réussite de la séance.

Une seule séance d’hypnose peut suffire. Mais le thérapeute se sent prêt à accueillir son patient en cas de difficultés et proposer des séances de soutien pour confirmer ou poursuivre le détachement. Si le sevrage n’apparaît toujours pas, il ne sert à rien de multiplier les séances. Il faut attendre quelques semaines avant de renouveler le traitement d’hypnose.

L’arrêt brusque et immédiat s’est révélé toujours préférable à l’arrêt progressif. Le patient choisit l’hypnose justement parce qu’il souhaite être débarrassé au plus vite du tabac.

Toutefois, de nombreux patients ont besoin d’étapes pour affermir leur décision et s’habituer au changement. Il faut donc assurer un suivi pour améliorer les résultats.

Le praticien confie alors au patient une liste de conseils à suivre. Celui-ci se doit d’être vigilant et de considérer l’arrêt du tabac comme un événement trop important pour le remettre en cause. Toute tentative, même éphémère, de fumer est un danger de rechute, même des années plus tard. Le patient doit modifier son environnement, jeter cigarettes et briquet, ranger les cendriers, parfumer son habitation, faire en sorte que le monde dans lequel il évolue ressemble bien à un monde non-fumeur. Ce qu’il désire est cohérent avec ce qu’il vit.

Résultats de l’hypnose pour arrêter de fumer

Taux de réussite dans l’arrêt du tabac par hypnose :

  • 72% un mois après la séance.
  • Puis 63% à deux mois.
  • Puis 45% à trois mois.
  • Puis 35 à 40% à six mois.

Les patients :

  • 13% ont déclaré avoir ressenti de l’anxiété les premiers jours.
  • 30% ont grossi de deux à huit kilos.
  • 5% ont déprimé les premiers jours

 

Alors, qu’attendez-vous ?

 

 

Source « Oublier le tabac ! , Une méthode révolutionnaire » par Jean-Marc Benhaïem , Éditeur : Albin Michel

Source L’express.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

NUAGE ET SENSATIONS